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Ulysse

Oh, Compagnons, nous en sommes d'accord. Dans le fond, Manuel Valls ne mérite sans doute pas la moindre ligne, pas la moindre pensée, pas le moindre effort pour élucider son misérable cas. VRP de la mondialisation post-nationale, commercial hystérique de l'open-society, son cas, personnel, ne présente aucun intérêt. Il est toutefois souhaitable de l'observer, comme à peu près tout ce qui concerne la vie politique française -et puisque nous sommes mis en demeure d'être les nosographes du temps- comme un symptôme. Un scrofule purulent sur la ganache fardée du cadavre républicain.
Cet homme, ancien Premier Ministre, qui a porté comme un forcené tous les slogans les plus creux et les plus vains de son époque comme s'il s'était agi de vérités révélées, cet homme, donc, a fini par fuir dans un ailleurs qui n'en est pas un, puisque, de son propre aveu, Barcelone, dans le fond, c'est comme ici. Pas de différence. On se demande bien pourquoi il n'est donc pas allé refaire sa vie à Los Angeles ou Bangkok. C'est un peu pareil. Paris, Barcelone, Londres, Oslo, Tel-Aviv... Quelle différence cela fait-il pour l'Eglise de la Tolérance et ses prêcheurs en leçons de droits de l'homme ? Français, espagnol, anglais, allemand ? Quelle différence ? Pro-palestinien au début pour faire la retape à Evry, israélien de circonstance par après (quand même !), éternellement lié à son avocat grâce à sa femme dont il a divorcé... Quelle différence pour ce Protée des causes toujours gagnantes et ses clones ? Quelle différence pour des droïdes qui parlent tous le même idiome mécanisé, ce même ignoble broken english indéfiniment retraduit, et qui ne sait rien dire d'autre que l'interchangeabilité de toute chose, la plasticité de l'être, la fluidité universelle par la réduction des hommes aux nombres et au calcul ? Premier ministre, maire, député, sénateur, vibromasseur de capitaines d'industrie... Quelle différence, pour des individus assoiffés de pouvoir qui vont, d'honneur en honneur, d'autorités en autorités, et donc, de servilités en servilités, répandre leur ambitions comme des attributs sexuels secondaires ? Quelle différence qu'un pays ou un autre, puisque pour ces gens-là, de peuple ou bien de pays, dans le fond, il n'y a pas, il n'y a jamais eu ?
Mais il faut se souvenir de Valls aka Manu la tremblotte... De l'homme d'avant la fuite. Moi je m'en souviens, compagnon. Je me souviens que sous son mandat, des lycéens se sont retrouvés en garde à vue pour des quenelles dans la cour de récré tandis que des criminels convaincus étaient laissés libres et préparaient des attentats, je me souviens que Manu le psycho a dissout d'autorité des mouvements dissidents pacifiques, en prenant prétexte de la mort accidentelle du désaxé Clément Méric ; comme dans le pire système autocratique, il a fait interdire des spectacles humoristiques, mis en prison des opposants, fait pression sur les médias pour qu'ils relaient les moindres de ses éternuements de quadra-coké, il a eu sous ses ordres tous les malfaisants, Taubira (Justice), Cazeneuve (Intérieur), Belkacem (Education), Filippetti (Culture) and cie. Tous ces artisans du déclin qui, tandis que des Français se faisaient massacrer à la kalachnikov aux cris d'Allah ouakbar, se vantaient de leur bilan en matière de sécurité intérieure, ou bien s'évertuaient à faire passer un ébranlement civilisationnel majeur pour une conquête légitime de droits subjectifs... Emancipation ! Valls, c'était tout ceci : le mariage homo, l'égorgement en bas de chez vous, la destruction de l'école, la Justice rouge toute puissante. Il a inauguré l'ère du Bata-Clown : ta fille se fait trucider par des ordures déjà condamnées cent-vingt-huit fois, on te donne un ballon blanc, on passe Imagine, on lève un crayon en l'air, et tu fermes bien ta gueule de victime dans la manifestation de protestation pacifique contre les loups qu'on entretient, par ailleurs, grâce à tes impôts. Vous n'aurez pas haine ! On n'est pas comme eux ! Répétez après moi ! Valls, c'était bien cela, le despotisme post-national à visage d'hidalgo avec oreille qui part en schlass, cette manière cléricale d'invoquer comme le Saint Esprit les valeurs de la République - ce vide sidéral, cette bulle, cette enflure, qui n'était gonflée que de ses propres désirs carriéristes et de la peur panique sans doute, de voir démasquée cette institution déjà morte... Oh, ces gens-là aiment tout le monde, c'est sûr - ils ont l'amour universel. Mais c'est un universel sans particulier. Quand ils aiment quelqu'un, ils aiment n'importe qui. Paris, Barcelone... Et pourquoi pas Taïwan ? Leur pluriel tant vanté n'est d'aucun singulier, leur vivre-ensemble tant promu, d'aucune communauté.
Alors maintenant, c'est cet homme-là donc, cet homme précisément, ce coké humilié par plus malfaisant que lui -Trogneux Premier- qui nous explique que dans le fond, il a envie, je cite, de changer de vie, de découvrir de nouveaux horizons, et que ce qui prédomine avant tout pour lui, c'est un immense amour de la France... Je ne dispose malheureusement pas du smiley fusil à pompe dans le cul, compagnon, sinon, je l'aurais utilisé, tu t'en doutes. Je suis donc obligé de dire en long ce que cette image aurait pu suggérer en bref : en toute autre époque que la nôtre, un tel comportement eût été interprété comme de la haute trahison. Qu'un ancien Premier Ministre de la France puisse sérieusement envisager ne serait-ce qu'une nanoseconde d'occuper des fonctions politiques dans un pays étranger, devrait lui valoir l'emprisonnement immédiat, l'opprobre et la déchéance de nationalité. Que cela soit possible, qu'il n'en ait pas honte et même qu'il le revendique ; qu'à peu près PERSONNE ne le lui reproche (du moins pas dans les dernières figures institutionnelles de la Vème République), en dit long. Cela signifie que pour tous ces contremaîtres inféodés à la techno-oligarchie mondialisée, les nations sont déjà soldées, les peuples déjà pulvérisés, les structures civilisationnelles, des rémanences sidérales qui n'indiquent que des choses mortes, lointaines, si lointaines dans l'espace...
Pour ces gens, la fin du monde a déjà eu lieu : il n'y a que l'homogénéité visqueuse d'une nuit où toutes les vaches sont noires, c'est-à-dire d'un I-monde dont le seul squelette est un circuit imprimé Apple fabriqué en Chine. Il n'y a plus d'identité qui vaille, plus de langue qui tienne, plus d'Histoire qui oblige, plus d'héritage qui anime, plus de tradition qui demeure : il y a seulement l'abîme où flottent sans but des individus désarrimés de tout et que relient seulement, comme les maillons d'une même chaîne, des super-calculateurs indifférents. Salut Georgie ! On flotte tous en bas ! Valls, c'est Ça qui vous promet l'apesanteur éternelle où vous pourrez jouir de tout, à Barcelone, Paris, Stockholm, Tel-Aviv ou bien ailleurs, du moment que vous signez en bas à droite le contrat de démission qui vous expulse de l'Histoire et vous interdit de protéger votre culture, votre sang, votre race - Valls, c'est Ça qui sourit dans son égout, et il y a une odeur de sciure et de transpiration qui l'enveloppe...
Cependant, la perfidie de ses actes et l'ignominie de sa décision cachent une horreur de rang supérieur : le fait qu'aucune espèce de sidération ne vienne frapper les spectateurs indifférents de cette énième trahison de l'esprit de la France et des exigences de la civilisation. Oh, il y a bien quelques sarcasmes, quelques moqueries... Mais dans le fond, ça n'a plus vraiment d'importance. L'image de Trogneux-Premier pris en gang-bang par des esclaves nubiens suscite plus de commentaires. Pourtant, l'obscénité du dernier n'est que la manifestation spectaculaire de celle, autrement plus grave, du premier. Ces silences sont autant d'aveux : que la décision de Valls ne choque pas est bien la preuve supplémentaire que personne ne l'a jamais cru quand il parlait de la France, que personne ne l'a jamais pris au sérieux quand il invoquait ses valeurs, que tout le monde, en fait, savait très bien que ce n'était qu'un petit roquet dopé aux amphètes, mis là par hasard, et qui, dans un continent ravagé par le relativisme et la submersion africaine, aurait bien pu se trouver ailleurs. Personne n'y croyait, personne n'y croit, et d'ailleurs, lui non plus, qui désormais ne fait plus l'effort de se dissimuler.
Le VRP du nouveau monde peut bien prendre racine n'importe où, puisqu'il n'est affilié à rien. Tout le monde s'en fout. Le mal qu'il a fait a été consenti.
Et cette France qui n'a pas honte d'avoir été trahie, pas plus que lui n'a eu honte de la trahir, ne demeure considérable que dans la rage qui nous la fait détester.

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