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House of Kaïra ou Juste une mise à jour...

Quelques mots sur l'Affaire Benalla

Ulysse

House of Kaïra ou Juste une mise à jour...


Compagnon...

J'avais commencé cette note en faisant une adroite dissertation sur le paradoxe du pouvoir légitime qui doit toujours et nécessairement habiter les marges obscures de l'illégalité pour espérer se maintenir, sur les institutions publiques qui ne se conservent qu'à condition de satisfaction coupable d'intérêts privés, sur les paradoxes des secrets d'Etat qui sont connus de tous et des déclarations officielles qui ne sont sues de personne, sur l'inévitable consubstantialité des autorités politiques et de certaines mafias d'élite etc. Mais si c'était faire honneur à ton intelligence, compagnon, c'était témoigner de bien trop d'égards à la médiocrité du temps.
Inutile de finasser.
Que signifie l'affaire Benalla ?
Qu'il y a, entre la Haute-Finance et les caves du Ter-Ter, un pacte implicite. La techno-oligarchie a passé un accord avec les populations les plus rustres du globe : eh les Kaïra ! On vous laisse faire la loi sur les territoires de l'ancienne civilisation européenne - vous pouvez voler, piller, agresser, violer, tuer, imposer vos m?urs, pas de problème, mais en échange, vous assurez notre sécurité. On vous file baskets neuves, costards, PS4, 7.45 et apparts de fonction. Top là ?
Wallah ! Top là khoya ! Ramène-toi Benalla ! Ouais, invite Jawad et Makao aussi on va golri !
Ceux qui font le droit qui nous détruit sont les alliés de ceux qui usent de la force qui nous tue. Macron qui promeut la submersion démographique de l'Europe est le copain de Benalla l'homme de main, de Makao la brute et donc, à deux cases de Jawad, le logeur des terroristes du 13 novembre... Cet axe est constant, cet axe est solide, c'est la colonne du système. Le dealeur de coke de banlieue qui accueille les massacreurs mahométans n'est qu'à une encablure de la machine à discours qui leur donne un Visa - et qui leur permet de faire venir leurs familles. Autour du Président de la République, des racailles par grappes, des essaims de wesh : p'tit dealer salafisé quand ça l'arrange et libéral devant les juges, brute acéphale à gueule de tortionnaire de cour de récré, truand de bas-étage qui se démerde pour devenir colonel à 24 ans et pour vivre quai Branly aux frais de la princesse entre deux tabassages de militants gênants. Ils forment une seule et même équipe. Et ils jouent dans la même série dont vous n'êtes pas le héros : House of Kaïra. Chaque instance jalouse bien sûr les prérogatives de l'autre et c'est sur cette rivalité mêlée d'admiration que se cimente l'alliance : Macron peut faire voter les lois qui arrangent les racailles et il fantasme sur leur violence de bastonneurs de rue terro-friendly - les bastonneurs, eux, fantasment sur le Président comme sur un Super-Parrain qui peut les faire sortir de taule en écrivant une lettre ou en passant un coup de fil.
Poséidon seul sait ce qu'a fait cet Alexandre Benalla ... Qui il a intimidé, fait chanté, espionné, épié, menacé, torturé, ou tué, quels documents il aura fait disparaître et combien de mecs il a sous ses ordres. Car ne nous leurrons pas, compagnon. Ni toi, ni moi ne le saurons jamais. Nous, nous sommes seulement des spectateurs et des seconds rôles de House of Kaïra. Nous n'en sommes ni les héros, ni les protagonistes principaux. Non. Nous, nous sommes la jeune fille qui se fait violer par le sénateur lors de l'épisode 3 et dont on ne parle plus ensuite, nous sommes la foule imbécile et fascinée qui croit aux boniments de l'antihéros lors de l'épisode 12, nous sommes le type qui sert un café au truand dans la scène où il avoue avoir buté le sénateur, nous sommes le valet du sénateur, l'ado flingué à la kalach, l'ouvrier qui applaudit à tout rompre quand le méchant déclare officiellement sa candidature à la présidence, nous sommes la vieille dame qui attend le métro à l'arrière-plan avant que la bombe n'explose, nous sommes ce public présupposé qui assiste impuissant à l'ascension des ordures jusqu'au sommet du pouvoir... Et qui, s'il devine parfois le sens du jeu qui se trame, ne peut jamais se rendre compte qu'il n'en est que la monnaie d'échange. Nous n'avons pas de noms, pas de visages, pas d'histoire, et les scénaristes ont seulement besoin de nos caractères comme d'un implicite présupposé rendant possible une action qui ne nous concerne pas. C'est la raison pour laquelle, on continuera de nous servir des informations jetables et standards - des demi-vérités altérées qui viendront remplir les espaces mentaux de nos gueules de cobayes mystifiés. Juste de quoi s'occuper. Quelques jours. Je te l'annonce sans prendre de gros risques, compagnon : Benalla servira de fusible, si tordues que soient les man?uvres auxquelles il a participées - Macron expliquera bientôt que la justice étant saisie et que vu qu'il ignorait tout de ses activités délictueuses, il faut laisser les juges faire leur travail et qu'il a entière confiance en eux - plus l'opposition gesticulera pour tenter d'entacher la présidence, plus cette dernière parlera de complotisme, de théorie conspirationniste, et de dérive populiste - qu'il faudra peut-être faire tomber un ou deux dignitaires du régime afin de solder les comptes et que, dans peu de temps, cette affaire sera oubliée. Comme tout ce qui a lieu ici, en régime d'hypnose de masse. Comme tout le reste. Une dernière trace, dans quelques semaines : un journaliste spécialisé dans le décryptage de mon cul expliquera que Macron a bien su man?uvrer dans cette séquence difficile qui, certes, dégrade un peu son image mais qui cependant l'a renforcé dans son autorité régalienne, laquelle d'ailleurs etc.
Tout ceci n'est qu'un jeu, un cirque, un laboratoire psycho-affectif qui produit du mytho à échelle industrielle, une skiagraphie en 4.G, un viol mental permanent. Et si par malheur, oh, le grand malheur ! Et si d'aventure, comme dans House of cards il fallait virer l'acteur principal -admettons- parce qu'il a violenté Renato l'éclairagiste, et qu'on apprenait donc que Macron se faisait livrer par Benalla des nourrissons tétraplégiques bulgares pour satisfaire d'inavouables désirs, eh bien, qu'à cela ne tienne : il y en a des centaines d'autres qui attendent juste derrière. Des centaines. Ils s'appellent Xavier-Bernard Duchmoul, Paul-Henry Droite-des-valeurs, Gepetto Progrès-pour-chacun, Mélanie Femmes-entrepreneurs et tous, tous autant qu'ils sont, ils sont taillés pour être les premiers rôles afin que House of Kaïra puisse toujours continuer. Ils seront entourés des mêmes truands allogènes qui exécuteront les mêmes basses ?uvres et ils laisseront toujours carte-blanche à leurs cousins de cité pour persécuter du Français de souche. Ils feront les mêmes conneries, les mêmes horreurs, et on les avalera avec le même appétit.
Trogneux Premier n'est qu'un bot.
Le bot envoyé par la techno-oligarchie pour piloter comme le ferait une I.A un grand plan de ressources humaines. Et Benalla, lui, c'est l'anti-virus qui permet au bot d'échapper aux attaques ennemies.
T'emballe pas compagnon. Ces jours-ci, c'est juste une mise à jour de la base virale.


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