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Bataclan : Charlie au bal du diable

Nous le savons bien désormais : le fanatisme mahométan et le prométhéisme technico-libéral sont les deux faces d'une même pièce.

Ulysse

L'un, barbu kamikaze, transforme l'homme en débris au nom de Dieu, l'autre, éphèbe transgenre 3.0 le vend en pièces-détachées au nom de l'Humanité sur un market-store planétaire. Déchets et Lego. Des femmes esclaves du marché de Ninive aux banques d'embryons génétiquement modifiés, l'humanité, d'un côté comme de l'autre, parce qu'elle n'a plus aucune valeur, a désormais un prix. C'est donc le même nihilisme qui travaille souterrainement dans ces deux idéologies dont l'affrontement spectaculaire masque une connivence dialectique objective qui conduit à la destruction systématique de la personne humaine. C'est le même nihilisme qui anime ceux qui, au nom de la transcendance, refusent l'immanence et ceux qui, au nom de l'immanence, refusent la verticalité. Ouroboros des monstruosités. Les uns s'explosent littéralement pour complaire à un Dieu vengeur sur lequel ils projettent leurs propres passions misérables, les autres s'éclatent en rave party technoïde pour s'assurer que, jusque dans la déshumanisation mécanique, ils continuent bien d'avoir tout sous contrôle... Et l'inhumanité des uns répond en écho au transhumanisme des autres ; Ben Laden n'est qu'une Conchita Wurst qui s'ignore et tous se retrouveront dans le même paradis infernal puisque pour eux, nous le savons, le paradis n'est rien d'autre qu'une orgie cannibale de quatrième zone...

Que signifie de ce point de vue l'attentat du vendredi 13 novembre 2015 au Bataclan et comment l'interpréter ? Ce fut un point de contact entre les deux faces de ce Janus immonde qui nous sert de destin mondial. Vendredi 13 (!) des corps sans âmes ont rencontré des âmes sans corps ; les zombies avaient rendez-vous avec les fantômes. La foule qui se divertissait au son de "Qui va aimer le diable ? Qui va aimer sa chanson ? Qui va aimer le diable et sa chanson ?...", succès du groupe des Aigles du Death Metal, a rencontré son maître et surtout, elle s'est prosternée devant lui. Toutes les explications en termes de psychologie comportementale des foules n'y changent rien : 1500 personnes se sont couchées devant deux hommes en armes qui, venant par derrière, réalisaient en direct l'invocation de ceux qui chantaient sur la scène. 1500 contre 2. Panique, instinct de survie, souci de protection de son parent, de son ami, bien sûr, tout cela joue. Mais le fait demeure, dérangeant, odieux, et il faut le recevoir sans peur : ces spectateurs se sont fait trucider comme des animaux, comme des esclaves consentants en fait, parce que comme l'indiquait un des témoins sans se rendre compte de la vérité profonde qu'il énonçait, dans un monde où l'irréalité numérique et le divertissement intégral tiennent lieu de culture et de spiritualité, lorsque l'on entend des coups de feu on croit "que ce sont des effets pyrotechniques"... La logique de l'esclave qui préfère la vie à la liberté a, ce soir-là, rencontré la logique du soumis (islam) qui préfère la mort à la vie.

Recevoir la mort comme la dernière des festivités, et se faire d'une danse macabre un dernier divertissement, voilà qui ne peut manquer d'arriver à ces libertins accomplis que nous sommes devenus de fait. Car nul n'est au-dessus de son temps et si nous, patriotes lucides, nous alarmons légitimement de cette déviance spirituelle atroce qui fait de nos contemporains des animaux de cirque et que nous luttons réellement contre elle, nous savons par ailleurs que ce sont bien nos frères, nos enfants, nos parents qui ont été exécutés dans cette salle. Que la leçon soit donc tirée, une fois pour toutes. Nous voulons des anges de la mort pour nous distraire de notre insondable vacuité facebookienne ? Les anges viendront, de plus en plus nombreux. C'est d'ailleurs un des points communs, toutes choses inégales par ailleurs, entre le diable et Dieu : quand on les cherche sincèrement, on les trouve (Mat. 7.7).

La première chose à relever, c'est donc cette effectivité de désastres qui sont comme des frères siamois : des désespérés qui s'ignorent et qui nient l'absolu finissent par rencontrer des désespérés qui s'assument et qui leur fournissent un absolu qui n'est qu'une négation. Le damné est toujours complice de son démon.

La deuxième chose à relever, elle, est source d'espoir. Si le mal est partout, il n'est cependant jamais souverain : en commettant cet attentat monstrueux, les djihadistes ont pris le risque (que visiblement ils n'avaient pas anticipé) de freiner temporairement la submersion démographique de l'Europe que l'islamisme conquiert si bien en se contentant d'être ce qu'il est. En effet, le temps joue pour les fanatiques mahométans qui peuvent compter sur la duplicité immonde de notre hyper-classe tiers-mondisto-larme-à-l'oeiliste. Elle les sert : en encourageant depuis des décennies une immigration massive et en s'évertuant parallèlement à démanteler toutes les formes de l'Esprit objectif de la France, tant ses institutions que ses mœurs, us et coutumes et traditions. En voulant précipiter les choses, ces fanatiques ont pris le risque de provoquer l'effet inverse : ralentir ce processus de colonisation sournoise qui, livré à lui-même, les donne pourtant à tous les coups gagnants. Plus encore : ils ont pris le risque de voir s'amplifier les sains mouvements populaires d'auto-défense qui, à l'instar de Pegida, connaissent partout un légitime regain d'intérêt. L'horreur qu'ils ont perpétrée renforce ainsi, ou à tout le moins redonne, une publicité idéologique aux partisans de la remigration de masse, dans la perspective de la préservation de l'identité européenne. C'est un péché d'orgueil : au lieu d'achever notre Europe comateuse, ils ont (peut-être) sans le vouloir relancé son cœur... Cependant, tant que dirigeants et hommes de bonne volonté, quel que soit leur bord, continueront de croire qu'ils pourront sauver leur peau au nom de "valeurs", au nom des "droits de l'homme", au nom de "la liberté de l'individu", ils se feront toujours laminer par des hommes, certes mauvais, mais qui savent que seuls des "principes" qui donnent des "devoirs" à des "personnes" méritent d'être défendus.

Tant que tous ces "Charlie" lèveront leur Crayola en l'air en désignant un Ciel qui pour eux n'est qu'une toile de fond, et tant qu'ils arriveront à se convaincre que "résister" c'est aller prendre une Suze en terrasse, ils se feront écraser par des hommes qui leur rappelleront par leur cruauté même qu'on ne vide la vie de son sens qu'au risque qu'on vous la prenne pour rien...

En somme, il faut en finir une fois pour toutes avec les fausses promesses de la Modernité et des Lumières (des promesses d'opérette, des promesses comme par hasard, de Ba-ta-clan) si l'on désire réellement échapper à cet obscurantisme venu d'Orient qui n'est finalement rien d'autre que le contrepoint dialectique de notre propre obscurité. Seule une conversion spirituelle intégrale de l'Europe permettra, à long terme, de faire face, avec chance de victoire, à ce nihilisme tératopage. Tous les chemins mènent à Rome ou y ramènent de force.

Charlie était donc au bal du Diable pour y rencontrer son maître.

Mais le Prince de ce monde prend toujours un risque lorsqu'il quitte son manteau d'invisibilité.

Celui que ses victimes, un instant décillées, le voient pour ce qu'il est : un souverain sans nation, un mendiant de souffrances, qui ne vit que d'arriver à persuader l'homme de son insignifiance.

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