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Hommage à Johnny

C'était une blague familiale d'enfant snob qui se croit au-dessus de son temps. Pendant longtemps, j'ai bien fait rire mon entourage en déclarant, suite au moindre non-événement donnant lieu à un déchaînement médiatique de commentaires ineptes, de contre-vérités ou de cérémonies officielles : "Vous en avez vraiment marre, mais ATTENTION, ce n'est qu'une préparation, une préquelle, un apéritif, parce que quand Johnny Hallyday va mourir, là vous allez vraiment morfler"...

Ulysse

J'imaginais déjà, gosse, le bordel que ça allait créer et les jeux d'impostures si typiques de notre époque : un médiocre interprète belge américanisé célébré par l'État, honoré par toutes les autorités, qui a suivi toutes les modes les plus débiles par opportunisme servile, sans grand talent à vrai dire, sinon d'avoir une sorte de "timbre" étrange, à la texture bêlante, souverainement vulgaire.

Seulement voilà, ma blague était drôle mais je prends conscience aujourd'hui que ce n'était bien qu'une blague et que la mort de Johnny raconte une autre histoire que celle de la France des idiots incultes qui rêvent de Las Vegas et de romances mécaniques.

Cette disparition, comme TOUT le reste, la dernière pub pour le dentifrice Colgate + extra-super-white, le dernier attentat au Pakistan, le tremblement de terre en Indonésie, sera oubliée aussitôt qu'advenue et tous les Jean-Karim de Bobigny, du 9.3, du 9.4 et d'ailleurs continueront tranquillement à écouter du PNL en rêvant de Gucci, LVMH et de féfé lancées à pleine vitesse dans une vie aux couleurs d'islam. Ma blague n'était drôle que d'anticiper sur le ridicule possible d'un psychodrame national causé par la mort d'un saltimbanque.

Mais voilà : entre-temps, c'est la nation qui a disparu, son peuple qui a été remplacé, et même ce psychodrame sent sacrément fort l'affectation, le jeu, le théâtre, le mensonge. RIP Johnny = Je suis Charlie = sauver Willy = 140 nuances d'ennui.

Dans 4 jours, un nouveau miracle biotechnologique chassera l'image du vieux rocker travesti, et les derniers Français élevés à la pseudo-subversion rock'n rollesque pourront bien prendre conscience qu'ils ne sont qu'une fin de race - très exactement la fin de la fin de race française, celle qui avant de se laisser tuer et violer par l'Afrique avait vendu son âme aux USA. Dans leur cage d'escalier, Moussa et Aïcha regardent ça de très loin... Ils sont chez eux après tout. Wallah, qu'est-ce qu'on en a à battre ?

Ça ne meurt pas un peuple, un peuple, c'est remplacé.

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